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De son expérience de combat populaire révolutionnaire contre le régime du shah, l’Organisation des moudjahidin du peuple d’Iran tirera les bases de son programme d’ ac-tion. Que ce soit lors de la révolution de 1979, au moment de la rupture avec le régime de l’ayatollah Khomeiny que Massoud Radjavi soutint ou encore dès 1981 dans l’opposition armée, l’OMPI a recours à l’insurrection, à la subversion et à la lutte armée. Une constante tout au long de ces trente dernières années dont l’histoire a pris acte...
CHAPITRE 8 Insurrection et organisation De son expérience de combat populaire révolutionnaire contre le régime du shah, l’Organisation des moudjahidin du peuple d’Iran tirera les bases de son programme d’ ac-tion. Que ce soit lors de la révolution de 1979, au moment de la rupture avec le régime de l’ayatollah Khomeiny que Massoud Radjavi soutint ou encore dès 1981 dans l’opposition armée, l’OMPI a recours à l’insurrection, à la subversion et à la lutte armée. Une constante tout au long de ces trente dernières années dont l’histoire a pris acte... «Le 11 juin 1981, Bani Sadr se réfugia dans la clandestinité en appelant «à la résistance contre le despotisme» sans advancer d’autres propositions que celle d’une insurrection spontanée et suicidaire. Le 20 juin les Moudjahidin annoncèrent la constitution d’une alliance politique avec celui qui était encore officiellement président. Ils exhortèrent à la lutte armée mais aucun autre mou-vement politique ne répondit. La foule ne descendit pas dans la rue comme elle l’avait fait jadis à l’appel de Khomeiny. Le 21 juin 81, Abdolassan Bani Sadr était destitué par le Guide après 18 mois de pouvoir jamais vraiment exercé et sans avoir provoqué l’épreuve de force que les démocrates espéraient. Débuta alors une véritable guerre civile entre le régime islamique et les Moudjahidin du peuple dirigés par Massoud Radjavi» pré-cisent les analystes. (51) Une guerre civile qui ne s’est jamais démentie jusqu’ici malgré les dénégations faisant référence à une «non-violence» qui paraît plus stratégique que sincère. «A Téhéran à la fin de juin, les Moudjahidin lancent enfin une vaste campagne terroriste destinée à déstabiliser un régime qu’ils croient chancelants. Trop vite» rapporte l’hebdomadaire Le Point. (52) Car en 1981, la situation en Iran s’apparente tragiquement plus à un coup d’Etat manqué qu’à une seconde révolution. Si l’appel à l’insurrection de Bani Sadr avait eu un écho ou si les Moudjahidin avaient été soutenus dans leurs operations armées, le scénario aurait débouché sur une prise de pouvoir caractérisée. Avec combats, occupations des principaux bâtiments nécessaires au pouvoir, confiscation des institutions et arresta-tions des représentants du régime en place. Un coup d’Etat dont la revue spécialisée L’art de la guerre précise les conditions. «Avant toute chose, il faut bien comprendre ce qu’est un coup d’Etat. Edward Luttwak le définit comme «consistant en l’infiltration d’un rouage, petit mais essentiel, de la machine administrative de l’Etat, rouage qui est ensuite utilisé pour empê-cher le gouvernement d’exercer le contrôle de l’ensemble. (...) Ainsi il faut mener à bien deux opérations simultanées: d’une part imposer un nouveau pouvoir sur la machine gouvernementale et d’autre part se servir de celle-ci pour imposer ce nouveau pouvoir à l’ensemble du pays». (53) «Les Moudjahidin tentent de pousser le peuple à l’insurrec-tion en multipliant les manifestations de rue qui tournent vite en affrontements armés. Erreur stratégique? Les Iraniens ne bou-gent pas» constate L’Express. (54) Et les comploteurs furent dans l’obligation de quitter le pays. Promettant de revenir en vainqueurs avant la fin de l’année. Une prédiction qui ne se vérifia jamais et qui aujourd’hui encore reste lettre morte. «Car dans son esprit (celui de Radjavi) comme dans celui de Bani Sadr, c’est bien la «révolution islamique» qu’il s’agit de sau-ver. Après avoir servi d’escorte à Bani Sadr le leader moudjahid doit regagner l’Iran par une des frontières poreuses qui bordent le pays et tenter de constituer un front des forces progressistes. Es-tee un rêve? Comme le font remarquer les partisans de Khomeiny, les foules ne sont pas descendues dans la rue pour soutenir Bani Sadr ni pour protester contre les exécutions des Moudjahidin» com-mente Le Nouvel Observateur quelques jours après la fuite des deux hommes. (55) Il ne restait plus d’autre solution à l’OMPI qu’à battre le rappel de ses inconditionnels, quelques milliers de partisans, et à lancer la guerre. Même si les déceptions dans ses rangs furent nombreuses et qu’au fil des années - plus encore depuis le ralliement au dicta-teur irakien -les effectifs des Moudjahidin du peuple d’Iran fon-dirent comme neige au soleil. Sur fond de lobbying politique et médiatique en Occident et de quelques attentats réussis à l’intérieur de l’Iran, l’OMPI démontre une belle capacité à s’appliquer pour elle-même la méthode Coué. A force de répéter qu’elle incarne la nation l’ orga-nisation a finit par s’en persuader. Pourtant elle perd son crédit et la portée de cette base qu’elle revendique pourrait bien n’exister que dans son imaginaire. Ce qu’appuient bien des observateurs : «De plus, quel que soit le niveau de support que les Moudjahidin ont pu avoir dans la population iranienne cette sym-pathie a été sévèrement sapée quand ils ont décidé de chercher refuge en Irak pendant la guerre contre l’Iran. L’ampleur du niveau d’animosité de l’Iranien ordinaire envers les Moudjahidin a été amplement démontrée durant les derniers mois de la guerre quand les habitants d’une petite ville frontalière ont tué, avant l’arrivée de forces publiques iraniennes, les combattants des Moudjahidin qui étaient venus d’Irak pour les libérer». (56)

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