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Dans le cadre de ses activités révolutionnaires, l’OMPI dans sa propre genèse admet notamment que: «Les activités des Moudjahidin impliquaient la nécessité de garder le secret et personne ne connaissait l’existence de l’orga-nisation».
A l’ultra-gauche Dans le cadre de ses activités révolutionnaires, l’OMPI dans sa propre genèse admet notamment que: «Les activités des Moudjahidin impliquaient la nécessité de garder le secret et personne ne connaissait l’existence de l’orga-nisation». (57) Comme on reconnaîtra dans le schéma d’organisation sui-vant très exactement le parcours privilégié par les Moudjahidin du peuple. Jusqu’en 1975 au moins, ce fut la même reference et les mêmes visées avec quelques nuances dans le discours. Or, quelques modifications de terminologie après cette date qui cor-respond au schisme interne ne suffisent pas à faire de l’OMPI un mouvement à l’antithèse de l’ultra-gauchisme international. Il s’agit en l’occurrence d’un véritable programme commun partagé par tous les mouvements qui se réclament du progres-sisme politique révolutionnaire. Un programme dont Terrorwatch esquisse les étapes. «Le concept marxiste de la révolution intègre le terrorisme comme une phase de cette dernière dans la construction de la société égalitaire. Les différentes phases de cette révolution peu-vent être résumées comme suit : Le processus révolutionnaire marxiste 1.- Formation du noyau de base de la révolution et creation de cellules-filles qui diffuseront l’idéologie. 2.- Corrosion de l’ordre social par des grèves, manifesta-tions, émeutes, terrorisme et sabotage. 3.- Education populaire et imprégnation psychologique. Le terrorisme se transforme en guérilla et des camps d’entraînement sont créés. 4.- Création de vastes zones d’insécurité. 5.- Les nouvelles structures sociales sont mises en place dans les zones «libérées», qui deviennent des bases de guérilla. 6.- La guérilla se transforme en guerre populaire».. (58) Pour mener à bien l’ensemble de ces processus révolution-naires, les Moudjahidin du peuple d’Iran ont dès le départ recruté des jeunes gens et des jeunes filles en rupture avec le système monarchique. L’absence d’espace de liberté, les besoins d’expression sans cesse muselés notamment en raison de la toute-puissance d’un parti unique et la persécution systématique de toute opposition ont facilité la formation d’une «armée de l’ombre». «(Massoud Radjavi) avait su constituer un parti politique associant islam et socialisme dans une organisation militaire clan-destine et efficace. Cette structure à la discipline de fer avait évité les autorités cléricales (...)» (59) Des dizaines de militants qui dans la clandestinité organi-sent la subversion. Gérard Chaliand identifie l’origine sociologi-que de ceux qui choisissent de franchir le pas et de rejoindre les rangs de ce type d’organisations «Les éléments les plus mobilisables sont très souvent des jeunes urbanisés, semi intellectuels ou semi éduqués, déclassés ou marginalisés sans perspective et charriant un mécontentement latent. Il est beaucoup plus difficile de mobiliser les plus dépour-vus, ceux qui n’ont aucun espoir de changement et peu le goût du risque à force d’asservissement et de misère intégrée. Il est vital de créer des cadres moyens. Les cadres supérieurs en général existent. Ils sont déjà au sein de la direction ou parmi les intellectuels qui rallient bientôt le mouvement». (60) La répression En Iran, le nombre de jeunes à rejoindre l’OMPI dès la chute du shah, ira croissant, portés par l’espoir de la construction d’un monde différent. Mais il s’agit souvent de sympathisants qui des-cendent dans la rue, qui manifestent, qui distribuent des tracts, qui organisent la logistique. Combien de ceux-là auraient accepté de tenir un fusil et de froidement appuyer sur la détente pour tuer? Dans un Iran en plein un climat insurrectionnel, la répres-sion va frapper à l’aveuglette. Un véritable drame dans une société qui peine à définir ses repères. Le régime rendu fou par les attentats de 1981 et par la ten-sion qui ne cesse de menacer le pouvoir multiplie les arrestations et les exécutions. Ce qui, plus tard, permettra à l’OMPI, de reven-diquer toutes ces morts qui trop souvent doivent tout à une erreur majeure du gouvernement. L’histoire a gardé le souvenir de cette noire période. «Les lycéens filles et garçons furent particulièrement touchés car de nombreux jeunes de la petite et moyenne bourgeoisie en quête d’identité et d’absolu avaient été attirés par l’enthousiasme et le radicalisme de l’extrême gauche islamique». (61) La violence de la réaction traduit bien l’inexpérience des cadres qui au lendemain de la révolution ont pris la direction de l’Etat. Comme déjà exprimé, tout révolution «dévore» ses enfants. En l’occurrence, les persécutions ont sans doute englouti des innocents et certainement des militants qui n’avaient pas de sang sur les mains et qui, les outrances de la jeunesse passant avec le temps, auraient sans doute changé leur manière de percevoir la société. Un constat que partagent bien des spécialistes. «La liquidation des Moudjahidin du peuple en 1980-1985 a frappé la jeunesse, garçons et filles également, bien au-delà des rangs de l’organisation. «Pourquoi tant d’exécutions? Ne sont-ils pas des jeunes gens appartenant au peuple?» se demandait-on. Il s’agissait d’un double déni de justice: ces jeunes «fleurs de la famille» auraient eu le temps d’apprendre et elles appartenaient au peuple». (62) Hélas! au début des années quatre-vingts, l’heure n’est ni à la compréhension ni à la discussion. Les massacres pèseront lour-dement sur les relations que Téhéran entretient sur le plan inter-national et durant des années serviront de justificatifs au bien-fondé de la lutte des Moudjahidin. Restent aujourd’hui un hommage encore à rendre aux morts inutiles et le respect de la douleur des proches ainsi touchés. Un mea culpa officiel s’impose pour en terminer avec une dichotomie au sein d’une société qui se guérit à peine de ses traumatismes à répétition. «(La) répression (fut encore) plus terrible et systématique que celle qui avait frappé les royalistes car la fracture passait au milieu de la famille, au sein de groupes d’amis». (63) Aujourd’hui les plaies restent toujours vives.

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